Souvenirs, ces objets restés dans nos cœur.

C'était mieux avant ? Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.
Un passé pas si lointain ou la baguette de pain ne coûtait qu'un franc. À cette époque, un téléphone ne servait qu'à téléphoner et l'on prenait encore sa plume pour envoyer une lettre par la poste.
Quand on voulait socialiser, on n'était pas obliger de "liker" ses amis virtuels et de mettre à jour son statut sur Facebook. Il suffisait d'aller au café qui, bien entendu, n'avait pas le wifi.
Pour faire ses emplettes, pas besoin d'internet puisqu'il y avait l'épicerie ambulante et les Magasins bleus.


Rien n'arrète le progrès qui, tel un TGV trop préssé, quitte la gare sans attendre les passagers qui courent après lui sur le quai.
Pris dans un tourbillon d'innovations et de modes qui disparaissent ausi vite quelles sont apparues, nous sommes parfois tentés d'appuyer sur le bouton pause et de regarder derrière nous.
Il suffit d'une odeur, d'une couleur, d'une sensation ou d'un bruit pour faire ressurgir des souvenirs.
Ce sont parfois des objets qui nous parlent, nous murmure à l'oreille une petite mèlodie empreinte de nostalgie. Ils nous racontent un épisode de notre vie qu'on avait rangé dans un tiroir de notre mémoire. Certains objets nous ont accompagnés durant de longues années. Une fidélité souvent mal récompensée puisque, pour beaucoup d'entre eux, ils ont fini au grenier dans le meilleur des cas.
Pourtant, tels les enfants qui donnent vie à leurs jouets, nous nous plaisons secrètement à penser que ces objets sont peut-être dotés d'une âme ou d'un pouvoir magique. C'est avec cette cravatte que vous avez décroché votre premier emploi, avec ce crayon que vous avez signé votre plus beau contrat, dans cette voiture que vous avez embrassé votre future moitié....
Riche de notre passé et de tous ces objets qui ont un jour croisé notre chemin, nous construisons notre avenir. Génération après génération, nous réinventons le monde qui nous entoure en nous inspirant de ce qu'on fait nos ainés. Reculer pour mieux avancer et non l'inverse.


Et vous quelle est votre petite madeleine de Proust ?

Le savon mural.
Afin de lutter contre la malédiction de la savonnette qui glisse entre les mains et reste accrochée au lavabo, le laboratoire Provendi développa dans les années 1950, en Haute-Savoie, un produit révolutionnaire: le porte-savon mural et rotatif. L'idée plut tellement au ministère de l'Education nationale qu'il en équipa tous les établissements scolaires. Pas un sanitaire qui ne soit doté de ce savon empalé sur une tige de fer. Comme il était amusant de le faire tourner sur lui-même ! Son odeur rappelait vaguement celle du citron et sa couleur passait rapidement du jaune au marron après qu'une dizaine de menottes bien sales l'aient fait mousser. Les directeurs d'école eux aussi devaient s'en frotter les mains car ce produit etait très économique. Dans le guerre contre les microbes et les bactéries, le savon mural a finalement été détroné par le distributeur de savon liquide ou de solution hydro-alcoolique. Une solution à priori plus hygiénique du moins qu'en il en reste.....

Le pot de chambre.
Le pot de chambre est charitable, surtout quand on est dans le besoin. Et cela fait des siècles que cela dure puisqu'il était déjà utilisé dans la Grèce Antique. Dans les années 1950-1960, avoir des toilettes dans son logement était encore un vrai luxe. Pour se soulager, il fallait souvent aller sur le palier ou au fond du jardin dans une petite cabane pleine d'araignées quand on habitait à la campagne. Du moins durant la journée car la nuit, lorsque notre vessie se rappelait à notre bon souvenir, la perspective de sortir dans le noir en chemise de nuit et de braver le froid hivernal calmait nombres d'envies pressantes. Heureusement il y avait ce bon vieux pot de chambre glissé sous le lit. Tous les matins, il fallait le vider en prenant garde de ne pas le renverser. Aujourd'hui le pot de chambre est l'objet d'une curieuse tradition dont on ignore pourquoi elle a perduré. Lors de certains mariages, les invités concoctent une infâme boisson à base des restes d'alcool de la soirée, parfois agrémentés de bananes. Puis ils la font boire au petit matin dans un pot de chambre aux jeunes mariés à peine réveillés. Un début dans la vie à deux difficile à avaler......

Le moulin à café.
Bien avant que le très charismatique Georges Clooney ne convertisse à la capsule colorée des milliers d'accros à l'expresso, il existait un objet nommé moulin à café. Car non, le petit caoua du matin n'a pas toujours existé sous une forme moulue, prète à l'emploi. Autrefois, il fallait donner de sa personne pour pouvoir siroter une bonne tasse. Le café s'achetait en grains qu'il fallait moudre gràce à un moulin manuel. Les premiers modèles sont apparus en Europe et en Turquie au 17ème siècle. Leur utilisation ne s'est vraiment démocratisée qu'à la fin du 19ème siècle. Notemment gràce au frères Peugeot qui, bien avant de se lancer dans la construction automobile, ont mis au point les premiers moulins à café français cubiques en bois que l'on trouve encore dans les vide-greniers. D'abord, verser les grains dodus dans le réservoir supèrieur puis s'asseoir sur une chaise en coinçant l'engin entre ses cuisses. Tourner la manivelle qui grince. Encore et encore pendant de longues minutes. Hé oui ! Le moulin à café manuel, ça faisait les biscotos. Mais quel plaisir d'écouter le craquement des grains broyés et de sentir la bonne odeur du café moulu qui tombait lentement dans le petit tiroir. Le gros inconvènient, c'était les bleus. Le moulin avait une facheuse tendance à pincer les cuisses. Aie ! Ceux qui n'ont connu que la version électrique apparue dans les années 1960 se souviennent quant à eux de son bruit monstrueux. Il ne fallait surtout pas oublier de tenir le couvercle sinon tous les grains s'envolaient dans la pièce et le tête-en_l'air devait les ramasser.

L'appareil à photos jetable.
Avouons-le, les photos que l'on faisait avec les appareils à photos jetables étaient, la plus part du temps bonnes à ....jeter. Pourtant, gràce à lui, même les plus jeunes les moins dégourdis ou les têtes-en-l'air qui avaient oublié leur compact à la maison pouvaient capter l'instant présent et exposer fièrement à leur retour de vacances quelques clichés flous ou mal cadrés. Léger, facile à emporter, économique, cet appareil commercialisé pour la première fois en 1986 était on ne peut plus simple à utiliser. La péllicule était déjà chargée et il n'y avait aucun réglage à faire. On tournait la molette puis on appuyait sur le clic du déclencheur. Un point, c'est tout. Les modèles les plus évolués étaient équipés d'un flash. Certains permettaient même de faire des photos sous l'eau avec un résultat plus qu'incertain. La notion de jetable était devenue politiquement plus qu'incorrecte, il prit rapidement le nom de "Prèt-à-photographier". Ce qui n'en fit pas pour antant un objet écolo.

Les bigoudis.
C'est bien connu, il faut souffrir pour être belle. Celles qui ont déjà dormi avec des bigoudis sont bien placées pour le savoir. Autrefois, pour espérer obtenir de jolies boucles boucles, il fallait enrouler une à une les mèches de sa chevelure mouillée autour de ces petits rouleaux avant d'aller se coucher. Les piques qui servaient à les faire tenir s'enfoncaient douloureusement dans le cràne des coquettes. On comprend aisément pourquoi ces dernières se plaignaient régulièrement de migraines pour échapper au devoir conjugal. Les bigoudis aulit, ce n'était décidément pas très sexy. Celles qui en avait les moyens allaient se faire faire leurs mise en plis chez le coiffeur. C'était le lieu idéal pour causer potins avec leurs voisines sous les casques chauffants. Un temps ringardisés par le fer à boucler, les bigoudis ont fait un corne-back remarqué ces dernières années. Plus faciles et rapides à poser, ils frisent maintenant la perfection.

Le verre Gigogne.
"Et toi, t'as quel age ?"
Avec les lancées de boulettes de pain et la bataille de purée, voila ce qui a été pendant de très nombreuses années le passe-temps préféré des écoliers à la cantine: tire son numéro au fond de son verre Gigogne. Celui-ci déterminait non seulement leur age fictif mais aussi qui héritait de la corvée de carafe. C'était souvent le plus "vieux" de la table qui devait aller chercher l'eau. Comme c'était amusant ! D'un jour à l'autre, on vieillissait ou rajeunissait de dix ou vingt ans. Mais bizarrement, on ne pouvait pas avoir plus de 48 piges. Et pour cause, il n'existait que 48 numéros de séries possibles correspndant à autant de moules dans lesquels le verre en fusion était coulé. Pour la petite histoire, il y avait en réalité 50 exemplaires qui sortaient en même temps des lignes de production. Sauf que deux d'entre eux étaient réservés au controle qualité et n'étaient jamais commercialisés. Les chanceux qui ont conservé dans leur cuisine un verre numéroté 49 ou 50 possèdent donc de véritables collectors. Crées en 1946 par l'entreprise "Saint-Gobin", le Gigogne de Duralex rencontre un succès fou dans les années 1960. L'une des grandes vertus de ce verre rond avec ces deux lignes horizontales est sa solidité. Fabriqué en verre trempé, il est deux fois plus résistant aux chocs qu'un gobelet classique. Une robustesse qui fera d'ailleurs l'objet d'une publicité mémorable dans les années 1950 : "Utilisez-le comme un marteau, laissez-le tomber, tapez dessus, faites-le passer de la glace à l'eau bouillante". Dans les faits, le verre Gigogne n'est pas indestructible et explose dans une multitude de petits morceaux. Beaucoup d'enfants se sont d'ailleurs faits un plaisir de le prouver au grand dam de plusieurs générations de cantinières scolaires.

Les bons points.
Voici la carotte après laquelle tous les écoliers couraient : Les bons points ! Le maître les distribuait au compte-gouttes à ceux qui avaient bien travaillé ou répondu. Il s'empessait ensuite de les reprendre si l'élève avait démérité ou en cas de mauvais comportement. Jamais un simple morceau de carton n'aura suscité tant de convoitise ou de déception. Telle une pépite d'or, cet objet du désir était précieusement rangé dans le plumier ou dans une petite boite destinée à cet effet. Au bout de 10 bons points, bingo ! L'élève pouvait les échanger contre une petite image qui représentait des grands personnages, les fables de la Fontaine ou des animaux par exemple. S'il en collectionnait cinq, il avait alors droit à une grande image ou à "un témoignage de satisfaction" signé de la main même du directeur. Les gouvernements successifs de l'époque ont eux aussi saisi l'intéret de ces bouts de carton à visée éducative. C'est ainsi qu'au début des années 1940, les élèves ont pu exhiber fièrement à leurs parents les bons points du maréchal Pétain vantant le gout de la vie en plein air, le sens du travail en équipe et l'amour du pays. On sait comment ça a fini......


La machine à écrire.
L'ancêtre du clavier d'ordinateur est à l'écrivain ce que le piano est au musicien. La page blanche qu'on insère, le tchic tchic kling des touches, les fautes de frappes, l'encre qui tâche les doigts quand on change le rouleau.....Tout cela fait partie de l'imagerie de l'auteur en quête d'inspiration devant son bureau. Conçue aux Etats-Unis par un imprimeur, la première machine à écrire sort des usines du fabriquant d'armes Remington en 1874. Très décorée elle ressemble alors à une machine à coudre et elle ne permet d'écrire qu'en majuscules. L'écrivain Mark Twain est l'un des premiers à se convertir à la machine à écrire. Rapidement, celle-ci trouve sa place dans tous les bureaux et donne naissance à une nouvelle profession, dactylographe. Pour stimuler la productivité des stakhanovistes de la machine à écrire, on crée à l'époque d'incroyables concours. Regroupées dans d'immenses salles, des centaines de candidates entrainées à la fameuse méthode des dix doigts, tentent de battre des records de vitesse. C'est à celle qui tapera le plus de mots à la minute sans regarder son clavier. Comme toute performance sportive, ces concours connaissent leurs lots de bléssées. Des dactylos malheureuses dont les doigts sont restés conicés entre deux touches. Vouées à disparaître avec l'apparition de l'ordinateur, la machine à écrire n'a pas dit son dernier mot. Les services secrets russes ont décidé d'en racheter pour leurs agents. Contrairement aux mails électronique, les machines à écrire ne peuvent en effet pas être piratées.

Le solex.
Ça tombait tout le temps en panne, ç'était casse-gueule, ça n'avançait pas, il fallait pédaler dans les côtes.....mais le solex, c'était la classe ! Et en plus c'était très économique en carburant. Avec son moteur situé sur la roue avant, ce moyen de locomotion est l'un des symboles les plus marquants des années 1950 à 1970. "La bicyclette qui roule toute seule" a été conçue par Marcel Mennesson et Marcel Goudard. Commercialisé en 1946, le solex est très vite adopté par les jeunes et les ouvriers aussi bien à la ville qu'à la campagne. C'est en quelque sorte la 2CV du cyclomoteur. 8 millions d'exemplaires ont été commercialises en quarante ans. Pas de clé de contact. Le démarrage se fait par pédalage ou "à la poussette". Pour l'arrêter, il faut tirer une manette située sur le guidon. Sa vitesse plafonnant à 30-35 km/h, ses inconditionnels ont tout le loisir d'admirer le paysage. Ce prince noir du bitume carbure à la solexine, un mélange d'essence et d'huile (6%) vendu dans des bidons jaune et vert de deux litres. Ringardisé par le scooter, la production du VéloSolex s'arrête définitivement en France en 1988. Tel un phœnix renaissant de ses cendres, le mythique deux roues est revenu sur le devant de la scène au cours des années 2000 dans une version électrique.

La vignette automobile.
Faut-il quelle nous manque à ce point pour que les médias annoncent tous les ans son retour ?
La vignette a indéfiniment marqué les esprits et les pare-brises de millions de français. Hexagonale, ronde, bleus, verte, jaune, rouge ou rose, il i en avait pour tous les gouts et toutes les années. Seuls les braves citoyens avaient le droit (et l'obligation) d'apposer ce sticker coloré sur leur voiture. Il fallait pour cela s'acquitter d'une taxe annuelle non négligeable. La vignette est instaurée en 1956. À cette époque, les finances publiques françaises sont à sec. Le président du Conseil des ministres, Guy Mollet, décide de trouver une nouvelle source de financement afin de garantir un revenu minimum aux personnes agées de plus de 65 ans. Ce sera la vignette. La France compte alors environ trois millions de propriétaires de voitures. Malgré quelques mécontentements, la solidarité l'emporte. Le gouvernement n'a t-il pas promis que cette taxe était de toute façon provisoire ? Balivernes ! Année après année, la vignette est reconduite et les contribuables découvrent que ces recettes ne sont plus directement reversées au Fond national de solidarité crée pour les personnes agées. En 1984, l'État se défait de cet épineux problème en confiant la gestion de la vignette aux départements. Ces derniers sont libres d'en fixer le montant, ce qui donne lieu à de grosses différences de tarif. Ne sachant sans doute plus dans quelle couleur l'imprimer, l'État décide de supprimer la vignette en 2001. Au grand dam de certains conducteurs qui durent stopper net leur impressionnante collection. Comment pouvait-on rouler avec un pare-brise entierement recouvert de vignettes ? Mystère........

Le téléphone à cadran.
De la patience et de la concentration. Passer un appel avec un téléphone à cadran était une tâche à part entière qui demandait du temps et des nefs à toute épreuve. Il fallait décrocher le combiné et attendre la tonalité. Puis composer les numéros de 0 à 9 en tournant le cadran dans le sens des aiguilles d'une montre. Arrivé à la butée, on retirait le doigt et le disque rotatif reprenait sa position initiale. Pour le numéro 0, cela prenait tellement de temps que l'on avait l'impression de voir sa vie défiler. Malheur à celui dont le doigt dérapait à la dernière rotation ! Il lui fallait alors tout recommencer.... Et quand enfin, il venait à bout de cette délicate opération, c'était pour se rendre compte que le numero sonnait occupé. Pas de touche bis pour rappeler son interlocuteur. C'eût été trop facile. Non, non il devait tout reprendre à zéro. Pas non plus de touche haut-parleur pour faire participer toute la famille à la conversation. Seulement un petit écouteur à l'arrière du téléphone. Apparu dans les années 1920, le téléphone à cadran à trouvé sa place dans tous les foyers au cours des années 1970-1980. En bakélite de couleur orange, noir, gris ou marron, il était revétu à l'occasion d'une housse en velours kitchissime qui prenait la poussière. En comparaison de nos smartphones hors de prix, il avait néanmoins un gros avantage : impossible de le perdre au fond de son sac à main, il suffisait de suivre le fil. .

La cabine téléphonique à pièces.
Ah ! Si les cabines téléphoniques pouvaient parler, elles en auraient des histoires à raconter. Des déclarations d'amour susurrées dans le combiné, des ruptures violentes, des rendez-vous annulés, des menaces, des "j'y crois pas, il m'a raccroché au nez", des conversations codées, des rencontres secrètes, des "veuillez patienter s'il vous plait, je vous met en attente".... A l'époque des téléphones à pièces, le problème principal n'était pas d'avoir du réseau mais de trouver une cabine, qui plus est disponible. Il fallait souvent faire la queue. De longues minutes d'attentes durant lesquelles on entendait les conversations indiscrètes de ceux qui nous précédaient. Les utilisateurs de ces appareils publics vivaient perpétuellement avec l'angoisse de se retrouver à cours de monnaie. On alimentait la bête pièce par pièce. Insatiable, elle nous en demandait toujours plus. Nous fouillions alors le fond de nos poches pour essayer de la contenter jusqu'à ce que l'inévitable arrive. Souvenez-vous de tous ces appels tragiquement écourtés par cet avertissement catastrophé : "Je te préviens, ça va couper, je n'ai plus de pièces ! " ALLÔ ! ALLÔ !

Les patins à roulettes.
Les genoux écorchés de milliers d'enfants se souviennent des sorties en patins à roulettes. Ah ! cette première expérience de le liberté, cette sensation grisante de vitesse. Enfin, n'exagérons rien. Les modèles en métal ou plastique réglables pour les enfants offrait des possibilités de glisse très très limité et étaient aussi bruyants qu'une tondeuse à gazon sur du gravier. Le patin à roulettes, c'était en quelque sorte une parabole de la vie. À chaque chute, il fallait sécher ses larmes et se relever pour continuer à avancer. Le premier qui a eu cette idée folle de monter sur des roulettes est un Belge, un certain John Joseph Merlin vers1760. Il a réussi à adapter le patinage sur glace à la terre ferme en fixant des rouleaux en métal sur une plaque de bois. Pour l'anectode, il faillit d'ailleurs se tuer en s'écrasant dans un miroir au cours d'une soirée mondaine à Londres. Ce fut sans doute la première chute dans l'histoire du patin à roulettes. Mais pas la dernière..... Les premiers modèles brévetés possédaient des roues alignées et un butoir en guise de freins. Le châssis était fixé à la chaussure à l'aide de courroies en cuir et les roues étaient en laiton, en bois ou en cornes. Les patins à essieux mobiles à quatre roues ou quad n'ont fait leur apparition qu'en 1863. Patiner devient alors tendance des deux cotés de l'Atlantique. Jusqu'à devenir un emblème du disco dans les années 1970-1980. Pour imiter les stars de l'époque, les français les moins maladroits enfilaient des patins pour se trémousser au son des Bee Gees dans les rollers disco.

Les phares jaunes
En France, on aime bien ne pas faire les choses comme les autres. C'est ainsi que pendant un demi siècle, nous avon été les seuls à rouler avec des phares jaunes pendant que le reste de la planète avait adopté le blanc. Cette exeption remonte à 1936. Le gouvernement décide à l'époque d'interdire les phares blancs afin de différencier les voitures françaises d'éventuelles automobiles ennemies en cas de guerre. Une ligne Maginot lumineuse en quelque sorte. Les années ont passé, la paix est revenue mais les phares jaunes sont restés. Ces derniers ont résistés à l'envahisseur jusqu'en 1993, date à laquelle la France a du s'aligner sur les voisins européens. Un grand changement qui a provoqué l'incompréhesion de nombreux conducteurs. Les experts hexagonaux nous l'avaient pourtant assuré, les phares jaunes restituaient mieux les reliefs tandis que les blancs éblouissaient. quelle folie poussait tous ces automobilistes étrangers à s'infliger des lésions irréversibles aux yeux ? Pourquoi les autres pays persistaient-ils dans leur erreur et nous imposaient-ils cette conversion suicidaire ? Finalement, vingt ans après, on vit et conduit tout aussi bien avec des phares blancs. À condition de les allumer..........

Les mouchoirs en tissu
Ils dorment au fond de nos armoires tel des vestiges fossilisés appartenant à un autre temps. Les mouchoirs en tissu, ex-fidèles compagnons de nos poches troués, ont été chassés par la blanche cellulose bonne à jeter. Pas assez hygiéniques, paraît-il... Ça ne tourne plus rond pour ces carrés en coton parfaitement repassés, qui ont essuyé nos larmes et chatouillé nos naseaux pendant de très longues années. Front en sueur, nez qui saigne, lunettes embuées, adieux déchirants, éternuements intempestifs, ils répondaient présent dans toutes les situations désespérées. Le mucus, le mouchoir en tissu en faisait son affaire sans jamais se trouer. Plus on l'utilisait, plus il se repliait sur lui-même. Quand on pensait avoir mis à profit chaque centimètre carré de ce tire-jus, on réussissait malgré tout à dénicher un endroit vierge de toute glaire. Un aller-retour en machine à 60 degrés et il était à nouveau prêt à soulager nos pauvres nez qui coulent. Grands à carreaux ou petits à fleurs ou en dentelles, le mouchoir en tissu savait s'adapter à son propriétaire. Les plus perfectionnistes les accordaient à leur tenue. Les enrhumés chroniques, eux, prenait soin de disposer d'un stock suffisament conséquent qu'ils faisaient tourner.